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dimanche 25 juillet 2004 - A la fête du choca* à l'Entre-Deux -  
* "choca" : nom local de l'agave,  "choca vert ou bleu"

Un temps splendide sur la montagne, pourquoi ne pas aller à la fête du choca à l'Entre-Deux
dans la fraîcheur des Hauts ?

Montée classique du front de mer par la rue Auguste Babet, puis la RN3, tourner à gauche pour suivre la Ligne Paradis. Je tourne à droite au chemin Toby les Hauts, juste avant le restaurant scolaire, à gauche, sur le terrain z'herbes, un attroupement autour de deux kok batay ... puis à gauche au chemin Canal Sabrap, à droite au chemin Bancoul, puis à gauche le chemin Ste-Céline, je passe devant le collège, je tourne à gauche à la rue du Père Maître, puis à droite pour monter le chemin Maurice Thorez, avec toujours un beau panorama, à gauche, au-dessus du champ de cannes coupées : la canalisation de la Sabrap et juste au-dessus, le tablier du pont, bien sûr, dans des plans différents, et encore au-dessus, les Trois Salazes et le Nez de Boeuf (celui à l'est du col du Taïbit !). J'arrive au rond-point pour franchir le pont sur le bras de la Plaine. L'église de l'Entre-Deux est visible un instant, à droite, dans un creux ... Une petite pause au milieu du pont : toujours, un paille en queue tournoie au nord du pont. Deux cyclistes me dépassent, je les reverrai à l'Entre-Deux !
Vers l'Entre-Deux
Voici les virages de la montée vers le Serré. Un car de Cilaos me double.  Après le Serré, ce sont les "marches", une série de petites montées et de faux plats pour souffler ... A gauche, les beaux carreaux de haricots verts. Puis à droite, juste avant la dernière côte avant la rue Frontin, à droite après le virage, qui annonce la cabine téléphonique à la cote 400 m, une succession de légumes, toujours des haricots, certains à rames, puis des gros piments, des bringelles enfin. A vélo, on a le temps de tout voir en passant ! Pour le moment, pas beaucoup de circulation, seules quelques autos montent...  C'est maintenant la descente. En bas, un grand virage à droite, et il faut remonter, passer devant l'éboulis et la maison en équilibre, tout là haut. Le  Syndicat d'initiatives est ouvert ! Je continue et arrive sur la place de l'hôtel de ville. Encore peu de monde, mais les stands sont ouverts et la musique hurle déjà ...
Les stands habituels ...
Tout d'abord, les stands classiques de fêtes foraines, manège pour enfants, la remorque de gadgets à attraper à la pince (il était déjà au même endroit l'année dernière), la mare aux canards (idem), le petit train est même monté là-haut, et toujours le cheval et le poney attelé à une carriole... Un fabricant de pots à fleurs péi recouvert de tomettes est présent, c'est déjà plus original. De l'autre côté de la place, se tiennent les stands des "locaux", qui présentent le choca sous toutes ses formes. C'est le plus intéressant. D'abord, il faut passer devant le stand qui expose les différents usages du choca.
Tout au choca ...
Ensuite, je me laisse guider vers un stand de restauration, avec une table tout au fond, où sont exposés des samoussas, des beignets (sucrés ou salés), des parts de gâteau "au choca" et un saladier en métal où se trouve un fond d'achards ... Prudent, je n'achète qu'un exemplaire de chaque, un samoussa "au choca", mais sans goût particulier, va aussitôt perdre son huile sur le sachet en papier, les beignets - le s
ucré est bourratif et insipide, mais le salé est agrémenté d'un assaisonnement plus relevé et passe mieux.... Le gâteau "au choca" est mangeable, mais il ressemble à une simple génoise, sans parfum particulier. L'impasse sera faite sur les achards "de choca", présenté en barquette à 10 ou 15 euros (la "grande"), il ne faut prendre aucun risque ! 
Le tisaneur
Direction maintenant vers un stand au milieu de la placette, avec un étalage de sachets transparents de "tisanes" bien étiquetés et disposés par catégorie. Frantz Ledoyen, habitant du lieu, dont la sœur est célèbre pour ses canards, est un "tisaneur" reconnu. Il n'est pas avare de conseils et d'explications : il va énumérer les différentes variétés de "bois de renette", "bois d'arnette", on ne se lasserait pas à l'écouter, et je m'éloigne à regret pour aller sous le petit kiosque. 
Les gâteaux ...
Là, des dames présentent divers gâteaux, en part à un euro, mais surprise, pas de gâteau "au choca" ! Le gâteau manioc semble trop compact, du vrai béton, c'est du manioc bouilli écrasé, alors qu'il est bien meilleur râpé ! Je me laisse tenter par un gâteau à la citrouille, mais déception, on n'a pas dû y mettre ce qu'il fallait dedans, du beurre, des oeufs, du lait, de la vanille ....comme on le fait à la maison, pour soi !
Que fait-on avec le choca ?  Kosa zot i fé ansanm soka ?
Que d'objets rassemblés sur si peu de place ! C'est un puzzle qui a dû prendre beaucoup de temps et de patience à réaliser !  Présentation de la plante elle-même, avec ses variétés, le choca bleu, avec les épines, le choca vert, sans épines, mais qui se défend avec sa poudre qui "chauffe" avec désagrément  ! Introduit à la Réunion vers 1715, pour la fabrication de cordages dans les moulins "Kader", le choca est considéré désormais comme une peste végétale par l'ONF, car il a envahi de nombreux lieux, mais parfois avec un effet bénéfique, en limitant l'érosion, comme sur les bords de ravines. C'est une espèce résistante à la sécheresse, qui se développe rapidement : au bout de quatre ans environ, le choca fleurit, avec son "mât" caractéristique, qui porte de 1 500 à 2 000 bulbilles, qui vont être disséminées pour reformer autant de petits pieds .... même sans être arrosés.
Voici quelques utilisations, d'abord, avec le "mât", la hampe florale. Tout d'abord, simplement coupé, pour la construction : la "salle verte" présente ici, au milieu, en témoigne, ainsi que les montants du stand, qui résistent tant bien que mal aux poussées des spectateurs depuis vendredi. A droite, est présentée une échelle, toute en mât de choca, avec ses barreaux taillés, par devant, un petit "baro" en lamelles de mât de choca tressé. Les mâts évidés servent de canalisations  et d'ailleurs la salle verte a une gouttière de la même veine sur le devant ! Les mâts de choca servaient aussi à faire des radeaux, pour la pêche, ou pour les esclaves qui cherchaient à s'enfuir, et ensuite pour le ramassage du corail ("zingad") qui servait comme liant pour les construction en pierres. A côté de la "salle verte", qui existe encore actuellement, (mais on utilise aussi le bambou), le "cabinet péi", avec ses tentures de goni, des brancards pour la "charrette bœuf", les petits morceaux de choca  vont allumer le feu au-dessous du trépied de la marmite, un tambour, avec une peau tendue sur un gros mât, certainement évidé en dessous, les lamelles de mât taillé pour servir de cadre pour le caïambre, le cadre pour la ruche péi. Avec la mie de l'intérieur du mât, qui se consume lentement, zot i tir ni d'guêp dodan pié fig.
Et les feuilles ? 
Du fil, bien sûr, pour faire de la corde, des gros cordages, un chabouc, de l'engrais, car le "jus" extrait des feuilles contient de la potasse - avec le petit coin fleurs à l'appui - et même des enzymes "gloutons" qui aident les femmes à avoir une lessive plus propre ... Le fil tressé de choca vert sert aussi à faire des savates, avec une préparation méticuleuse (il doit être râpé, tanné, tressé, cousu) - tradition qui continue encore - , les savates sont présentées dans un autre stand (30 euros la paire, car trois jours de travail), et il en existe également de plus grandes, qui peuvent servir de porte-lettres. Les feuilles sèches, coupées en lanières, les "gatur" (ligatures) sont remarquablement solides et servent à amarrer les mâts entre eux ...
On peut faire également des "ceintures" de lanières de feuilles sèches de choca, des chaboucs à lanière de fils de choca, des liens pour les paquets de bois amarré ansanm in gatur ... et les feuilles, avec leurs épines, servaient d'aiguilles pour percer, coudre ...
Cela fait repenser  aux rangées de chocas qui étaient devant l'église de Cilaos, dont les feuilles étaient couvertes d'inscriptions,  parfois injurieuses, mais souvent plus romantiques, vers les années 70, et qui ont disparu depuis un nouvel aménagement de la place !
Il faut redescendre ...
La foule arrive, les autos montent maintenant l'une derrière l'autre. Le pont arrive vite. Je remonte à gauche par le chemin Maurice Thorez, puis je tourne à droite au chemin Lenormand. Je prends le chemin Recherchant, et je tourne à droite au chemin Millet, puis à gauche à la Ligne Cambrai, je tourne à droite au chemin Paul Legros pour arriver au chemin Diagonal. Et de nouveau la Ligne Paradis, le pont sur la ravine Blanche, et à droite pour revenir vers le front de mer par le chemin Rebecca, les 3 B, le chemin de la Salette et la rue Luc Lorion ...

 
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