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accueil > Les éruptions du Piton de la Fournaise > L'éruption de mai 2004 - Chisny - Piton de Bert 

 Volcan : du parking du Piton Chisny au Piton de Bert
sur le sentier du Tremblet
(environ 13 km aller-retour)
photos a.m.

Eruption de mai 2004
du bord de l'enclos au niveau du Piton Rouge (1)



Départ de St-Pierre le dimanche 16 mai 2004 vers 15h. Rien de nouveau sur la route nationale 2, mais les fontaines de lave dans l'enclos sont - paraît-il- reparties de plus belles après une accalmie dans la journée de samedi. La RN3 est fluide, le temps est beau, mais se dégrade vite au fur et à mesure de la montée, et vers l'église de la Plaine des Cafres, le ciel est noir ... A l'Apéca, il pleut ! Cependant, dès les premiers virages juste avant la montée dans la forêt de cryptomérias, le ciel se dégage et du bleu sauveur apparaît par touches successives. Le parking du Nez de Boeuf est désert, la vue sur la rivière des Remparts étant bouchée ...
 


Toujours peu de monde sur la route, les pique-niqueurs du dimanche sont aux endroits stratégiques habituels, et les bâches bleues fleurissent autour des kiosques. Le chemin vers la stèle de Josémond Lauret est dépassé, puis le cratère Commerson, le temps est définitivement dégagé. C'est la descente vers la Plaine des Sables, avec droit devant, le piton Chisny et derrière, la Fournaise. Un panache de fumée monte, déjà bien visible sur la droite. C'est maintenant la piste dans la plaine des Sables, avec ses nids de poule, de dinde, plutôt ... Ils sont là pour tempérer la vitesse des véhicules et faire la fortune des garages spécialisés...

Fontaines de lave - éruption de mai 2004 
Entre le cratère Hubert et le GR 2 vers Basse-Vallée, à gauche, un point blanc, un hélicoptère qui fait du sur place 

Fontaines de lave
Après les projections, les coulées (3)

 

La remontée vers le Chisny approche, il est contourné par le nord, les "gendarmes" sont toujours là à gauche de la route, puis arrive très vite le parking, sur la droite. Il est 16h15. Peut-être une centaine de voitures, mais il est loin d'être complet ! Le temps de lacer ses chaussures, de charger le sac à dos, il est 16h30 pour prendre la direction plein sud, vers un petit "cairn", point de repère sur une barre, une coulée du cratère Aubert de la Rüe, juste à gauche, devant le Chisny. Toujours un beau soleil, mais cette première partie du sentier est la plus rocailleuse, alternant des passages sur la lave cordée, de la pierraille ou du sable.


La caverne du Chisny est ici, tout de suite à droite, puis l'oratoire à la mémoire de deux promeneurs retrouvés morts de froid en 1976 (mais pourquoi a-t-on repeint en rouge la plaque  précédemment argentée ?). Le sentier a été bien élargi, il va devenir à cet endroit un vrai boulevard ... Peu après, on s'aperçoit que bien
souvent le tracé du sentier et de la piste 4 x 4 se croisent, se confondent. Le Piton Rouge est atteint, il est 17h10. C'est le bord de l'enclos qui surgit, et au loin, les premières lueurs des projections au-dessus du cône. Des fumerolles sont également présentes, parsemées tout du long d'une faille que l'on devine, tout en longueur au-dessus du cône actif. 

l
La nuit est tombée, 
arrivée au pied du Piton de Bert (4)


Deviner l'arrivée de projections plus hautes, 
tout un art ... surtout avec un numérique
 



Un hélicoptère s'attarde longuement, tout en restant à distance du cône. Avant lui, l'ATR d'Air Austral avait fait un passage remarqué avec certainement les passagers collés aux hublots.
Les coulées rougeoyantes s'étalent paresseusement jusqu'au pied du rempart vers le sud-est, et la nuit qui descend les rend encore plus remarquables. Le sentier suit maintenant presque constamment le bord du rempart, monte et redescend, avec des passages successifs de sable et de rocaille , quelques oasis de branles verts et de tamarins des hauts où certains randonneurs se reposent sur l'herbe. Des groupes se forment aux belvédères, on se propose de se prendre mutuellement en photo.







Une autre sortie du piton Chisny au piton de Bert, en route vers les Puys Ramond ...


Au piton de Bert : on ne s'en lasse pas (photo 6)

Certains recherchent le premier plan qui va mettre en valeur le fond. La nuit est tombée, très rapide, certes un peu plus tardivement qu'à St-Pierre, mais les lampes s'allument et des points blancs, jaunes, font de la concurrence aux étoiles. Certains sont sur le chemin du retour, en bermuda et tee-shirt ... La pointe juste après le Piton de Bert est maintenant là, tout près, des lueurs s'agitent, groupées. Des éclairs de flash sont concentrés. Il n'y a pas de vent, mais il commence à faire frisquet. Une dernière petite montée et tout d'un coup, des silhouettes se détachent, comme à contre jour, sur un fond de panache de vapeur. Il est 18h 45. Le spectacle est "son et lumière", et chacun attend le moment où les projections seront les plus hautes, les appareils argentiques étant ici les plus aptes à réagir ! Certains ont un sens aigu de l'anticipation, comme un surfeur pour saisir la meilleure vague dans le train de houle .... Certains sont là depuis plusieurs heures, et c'est l'heure de dîner. Il est temps de se restaurer. Pas de marmite de riz avec le rougail saucisses comme un peu plus bas au Nez de Boeuf ! Il n'y a aucune bousculade mais chacun se déplace pour trouver un meilleur angle de prise de vue. Il fait 7°au thermomètre. Un petit vent se lève, venant de l'enclos, amenant des bouffées d'air chaud. Mais le polaire et un coupe-vent ne sont pas de trop. Certains ont même mis le bonnet de ski. 19h40, il faut songer à repartir. Sur le chemin du retour, beaucoup arrivent : jeunes en bandes, s'encourageant mutuellement à marcher avec un répertoire de chansons paillardes, jeunes couples, bien outillés, avec le bébé emmitouflé dans le porte-bébé en tube extra-léger sur le dos, ou sur les bras ... Certains ont la lampe frontale individuelle, d'autres n'ont qu'une lampe pour 2 ou 3, et parfois surgit brutalement un chien, (du  caniche au berger allemand) qui lui, n'a besoin de rien ... Par endroits, il faut surveiller de près les deux petites bandes (blanche et rouge), les points blancs intermédiaires, et même avec une nuit étoilée, une bonne lampe torche, ce n'est pas évident, surtout avec la piste 4 x 4 qui croise et recroise le sentier. Qu'est-ce que cela doit être par temps de brouillard ! Certains s'apprêtent à faire le bivouac sur l'herbe dans les branles, ils allument même un feu juste à l'abri d'un monticule juste avant le piton Hubert. Le piton Rouge : un dernier regard en arrière pour admirer une dernière fois les projections, maintenant seul un panache de vapeur s'élève, rouge, dans le ciel noir. Une dernière montée, la zone de caillasse et de sauts dans les coulées de lave cordées, une zone de sable, le cairn bien visible à gauche, la silhouette du Chisny, pas de doute, le parking est proche, la civilisation retrouvée, les phares, les derniers arrivants qui démarrent presque à la course - dépêchez-vous, le spectacle peut finir sans crier gare -- Il est presque 21h45, l'auto est toujours dans le parking, elle n'a pas été bloquée par un conducteur distrait ou trop pressé, le moteur démarre du premier coup ... C'est la remontée vers le Pas des Sables, il faut mettre le chauffage pour désembuer le pare-brise, puis c'est la descente vers le Nez de Boeuf, la Plaine des Cafres, les lueurs vers La Plaine des Palmistes, St-Benoit, à droite, puis St-Louis, St-Pierre, le piton des Neiges est invisible, dans les nuages. A 23h, retour à St-Pierre, presque 100 km au compteur, mais à des années lumière dans la tête ...