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accueil > sorties > la coulée du Grand-Brûlé d'août 2004 - 20 août 2004 au matin

Les pèlerins de la Fournaise ...

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Dossier : Le Piton de la Fournaise, éruptions et randonnées  

vendredi 20 août 2004 :   Les pèlerins de la Fournaise ...
lundi 23 :   A vélo jusqu'à la coulée ...
jeudi 26 :    Une coulée à la mer !
vendredi 27 :    La lave de plus près  
et  L'île s'est agrandie de 2 ha
lundi 30 :  Un deuxième bras tomba de la falaise  et
 En haut de la cascade de laves

Une semaine exactement après le début de l'éruption, les coulées semblent approcher de la route nationale 2, mais y arriveront-elles aujourd'hui ? Il est vrai que l'information officielle est distillée au compte-gouttes, et que les "nouvelles" bien souvent ne sont guère fraîches, quand il y en a, ou quand on ne se borne pas à relire le même communiqué tout au long de la journée ...
photos  a. m. -  20 août 2004

Vers le Sud Sauvage
Donc, avant la ruée probable du week-end, nous voici en route vers le sud sauvage, en ce vendredi, bien gris en début de matinée, que la météo annonçait avec des passages d'averses. Un détour par la boulangerie Manciet, afin de faire provisions de pain Terron et de viennoiseries pour le  repas de midi, et en direction de St-Joseph qui va être traversé sans encombre. C'est maintenant le Baril, St-Philippe, la circulation est fluide et le soleil va faire son apparition, même si la couche nuageuse est dense dans les hauts ... 

<<<  Elle arrive de là-haut, la coulée d'août 2004, sur les traces de la coulée 2002, au premier plan. Le cône d'émission, à 2200 m, est caché par les nuages.

Nous atteignons la descente dans l'entrée de l'Enclos, la coulée de 1976 (on vient de refaire des abords bétonnés) et déjà, si le cône éruptif n'est pas visible, la nouvelle coulée, elle, très noire, se distingue bien des précédentes. La coulée qui a englouti la borne Hubert-Delisle est traversée, des fumerolles sont déjà visibles au loin, et bientôt, à gauche, un kiosque, l'entrée du chemin vers la plate-forme de géothermie, quelques autos garées, un virage à gauche, puis à droite, et soudain la coulée 2001, que dans notre élan, nous traversons, avec à droite, une file de (quelques) spectateurs, tous le regard tourné dans la même direction ... 
Vers la coulée, la "route forestière géothermique" ...
Le petit parking à droite, juste après la coulée, est déjà bondé, alimenté par les automobilistes venant de Saint-Denis. Nous faisons demi-tour et nous nous garons à proximité de l'entrée du chemin rebaptisé pompeusement "Route forestière géothermique de Ste-Rose" sur la dernière édition de la carte IGN ... Il est vrai qu'il est bon de se souvenir que cette route allait à la plate-forme où s'étaient effectués les sondages il y a une vingtaine d'années, - plate-forme recouverte par la coulée 2001. Une cinquantaine de kilomètres ont été faits depuis St-Pierre, en heure, sans se presser particulièrement.
Nous retournons à pied à la coulée et grossissons la rangée des spectateurs. Une coulée noire descend, à gauche du Piton de Crac, dont la base apparaît juste en-dessous des nuages, éclairée par le soleil. Puis la coulée se divise, des bras morts apparaissent de chaque côté, elle semble aller plutôt vers le sud, puis n'est plus visible, cachée sur un replat par la haute rangée de filaos qui barre le paysage, juste en face de nous, et vers laquelle nous apercevons une file de promeneurs qui gravit la pente. Pas un bruit, pas un craquement, mais des fumerolles bleutées au-dessus de la rangée de filaos, et une belle papangue qui tourne ...

<<< La piste forestière géothermique de Ste-Rose, en partie recouverte par la coulée 2002, permet l'approche. Derrière la rangée de filaos, on aperçoit les fumerolles bleutées qui s'élèvent du front de la coulée...

Nous décidons de revenir à l'entrée de la route géothermique, fermée à la circulation automobile par une barrière métallique. La route, recouverte de scories, en pente doute, rejoint rapidement la coulée 2001, et nous a évité une montée directe dans les gratons que certains, venant directement du petit parking "côté Saint-Denis", vont affronter ... 

La route est tracée sur la coulée,  tourne à gauche pour arriver sur un replat où se trouve ... un 4 x 4 de la gendarmerie. La route forestière traverse la coulée et continue dans la végétation pour faire une large boucle puis revenir sur la coulée, vers 200 mètres d'altitude.
Des gendarmes courtois et diplomates
Un groupe d'une vingtaine de personnes est stationné autour du véhicule, et les deux gendarmes présents ont une tâche particulièrement ingrate. Ils s'emploient, avec un talent certain de diplomatie, à décourager les promeneurs de s'aventurer plus vers les hauteurs ... Malgré tout, certains ont déjà passé outre leurs conseils et on voit quelques points de couleur qui montent ou descendent, à droite de la coulée. Certains se précipitent vers le marcheur téméraire qui redescend : en haut, à la rangée de filaos, voit-on quelque chose ? Hélas non, à chaque fois que l'on croit être proche du but, il se dérobe, et c'est une succession de "marches", dont chaque "nez" semble le dernier !
Comment décourager les curieux ...
Les gendarmes expliquent que l'arrêté préfectoral* interdirait uniquement l'entrée de l'Enclos par le Pas de Bellecombe, mais non par la mer ... Pas d'interdiction donc (mais d'ailleurs comment la faire éventuellement respecter ?), autoriser, mais en contrôlant l'équipement des éventuels randonneurs qui poursuivraient plus haut ... et en expliquant avec pédagogie aux autres, venus en simples baskets, en tee-shirt, que la montée vers la coulée est dangereuse, des bras secondaires pouvant se rejoindre brutalement, coupant toute retraite au promeneur pris au piège. La progression dans les gratons est délicate, gare au moindre faux pas, ils sont plus coupants que du verre cassé ! On indique qu'un promeneur, surpris par la nuit, est redescendu d'abord par un bras mort de la coulée 2001 et qu'il a dû remonter pour retrouver enfin la route. Un autre, ce matin, malgré son bâton de goyavier, est tombé et est revenu la figure ensanglantée.

* Dès l'après-midi, la préfecture va indiquer qu'il "est interdit de s'éloigner de la route pour s'approcher des coulées".

Antenne Réunion et RFO ...
Une journaliste d'Antenne Réunion cherche désespérément des informations. Elle pensait pouvoir approcher la coulée facilement, elle n'a pris que sa caméra, et elle devra se contenter d'interviews de promeneurs. Les gendarmes essaient toujours de décourager les personnes qui arrivent de plus belle. Providentiellement, Alain Gérente arrive avec son équipe, le visage en sueur, il présente son pantalon avec un bel accroc, l'état de ses gants, de ses souliers ... Il a même à montrer une éraflure sur le bras, de quoi calmer les ardeurs des plus excités !

<<<  La journaliste d'Antenne Réunion (de dos, à droite) discute avec Alain Mussard, en rouge, casqué, qui va se diriger vers le front de la coulée. 

 Mais peu après, un homme, grand, l'air décidé, passe rapidement avec casque, sac à dos, c'est Alain Mussard, de la Plaine des Cafres, un habitué, qui ne va à peine s'arrêter, juste le temps de dire quelques mots devant la caméra. D'autres montent, en signalant au passage qu'ils le font à leurs risques et périls ... C'est maintenant au tour de l'équipe de RFO de redescendre, suivis par le 4 x 4 d'une autre patrouille de gendarmes, placée plus haut, près du terminus de la route forestière, qui va donner les dernières informations : la coulée ne progresse que très lentement, presque parallèlement à la route, une équipe de l'observatoire effectue des prélèvements et met à l'abri du matériel. N'étant pas spécialement équipés, nous restons à ce niveau, au premier croisement de la coulée 2001 et de la route forestière, qui permet de dégager rapidement en cas de besoin ... Il est 11h, nous redescendons vers la route, et nous revenons sur le bord sud de la route, sur la coulée où les spectateurs sont toujours aussi nombreux. Nous constatons que d'ici, par le jeu des bosses sur le terrain, on voit mieux que d'en haut ! 
Vers 11 heures, les laves resurgissent !
Les fumerolles bleutées redoublent d'intensité et bientôt des rougeurs vont apparaître tout en haut, à la lisière des nuages, la lave est ressortie ! De même, un peu plus bas, juste au-dessus des cimes des filaos, une longue langue rougeoyante arrive.
Midi approche, nous regagnons l'entrée de la route forestière, le flot des autos a grossi, il est l'heure de déjeuner... Un petit avion s'approche et effectue plusieurs tours. C'est maintenant l'heure de pointe : défilent des parents avec un bébé en poussette, ou sur le dos, dans un hamac, des enfants (et l'école ?). Une vieille mémé avec sa capeline, elle, a préféré attendre le retour des plus jeunes assise sur un fauteuil pliant, sur le bord de la route, à l'ombre des goyaviers. Peu après le café (dans le thermos d'Anne), François et Alain (un autre) reviennent, et vont apparemment être heureux de terminer notre pain Terron et d'entamer le "bâton de berger" de Manciet, accompagné de chocolat noir Mascarin (le 72%, bien sûr) ...
Retour vers St-Pierre, nous croiserons plusieurs randonneurs à vélo, et le flot d'autos en face de nous va grossir, et nous ne raterons pas les traditionnels embouteillages de St-Joseph ...

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