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Une coulée à la mer ... 24 heures après, le jeudi matin 26 août
Dossier : Le Piton de la Fournaise, éruptions et randonnées

vendredi 20 août 2004 :   Les pèlerins de la Fournaise ...
lundi 23 :   A vélo jusqu'à la coulée ...
vendredi 27 :    La lave de plus près  
et  L'île s'est agrandie de 2 ha
lundi 30 :  Un deuxième bras tomba de la falaise  et
 En haut de la cascade de laves


De nuit, dans la forêt

<<<      Dans la forêt, sur le trajet du sentier parallèle à la coulée, balisé par l'ONF et qui mène à la mer, des points d'observation ont été aménagés. Au premier plan, les aiguilles de filaos sur les roches d'une ancienne coulée (celle de 1961 ?)

De St-Pierre vers la coulée
Départ de Saint-Pierre à 1 h 40. Jusqu'au Tampon, je ne vais apercevoir qu'une Twingo que je vais doubler. Le gros pied de chandelle est toujours au carrefour de la ligne des 600. Puis sont passés successivement, La Plaine des Cafres, le Vieux Bardeau, la Maison du Volcan, le col de Bellevue. Il fait frisquet, je mets un peu de chauffage ! La chaussée devient humide à la Plaine des Palmistes, mais la pluie ne surgira qu'un peu plus bas. A la Confiance, la pluie cesse. Pas beaucoup de circulation, je vais simplement suivre un 4 x 4 qui va tourner à droite au chemin de Ceinture. Je préfère continuer jusqu'au rond-point de St-Benoit. Déjà des panneaux préviennent les touristes "Eruption volcanique, route coupée à 28 km". Des travaux de voirie sont effectués vers St-François, mais il n'y pas de circulation alternée la nuit. Ste-Anne est toute illuminée, avec des lampadaires qui diffusent une lumière orange. 
La DDE a bien travaillé
Je remarque que sur les panneaux routiers, les directions St-Philippe, St-Pierre, ont été masquées avec du plastique noir, ce qui a certainement demandé un travail considérable ... car du côté de St-Pierre, pour le moment, rien a été fait de semblable ! Bravo la DDE du secteur EST ...Encore un panneau "éruption à 18 km".  Voici maintenant le pont sur la rivière de l'Est, dont la chaussée mériterait d'être refaite. 

Un filaos résiste vaillamment au flot ardent, mais pour combien de temps ?    >>>


Plate-forme

<<< Le torrent de feu dévale la falaise, créant une plate-forme. A droite, noire, la falaise basaltique au nord de la coulée, vers le Quai Neuf

Sainte-Rose
Il pleut de nouveau ! Ste-Rose, "route coupée à 12 km". Piton Ste-Rose : l'église "des Laves" n'est plus mise en valeur comme autrefois. Elle est désormais masquée, suite à la construction à son abord immédiat d'un gros bloc de béton, hébergeant une pharmacie aux néons d'un bleu agressif. Cette bâtisse a remplacé le petit bâtiment de plain-pied occupé par l'agence du Crédit Agricole, dont les dirigeants avait eu l'intelligence, à l'époque, de garder intacte la coulée qui avait léché son parking à la Pâques 1977. D'ici quelques dizaines (?) d'années, les enfants de Piton Ste-Rose sauront-ils encore qu'une coulée a divisé le village ?
La coulée en vue, enfin
Bois Blanc : brutalement des lueurs rouges illuminent le ciel. Encore une averse ! Le bord du rempart est maintenant atteint, le début de la descente commence, et au détour d'un virage, voici la coulée, rouge, qui déchire le noir des Grandes Pentes. De chaque côté, des piquets avec des rubans de chantier interdisent le stationnement. La coulée de la Vierge au Parasol est traversée, et voici maintenant des autos garées ici et là, puis de plus en plus nombreuses ... des lumières tenues à la main au loin, une file plus dense désormais ... voici maintenant des barrières, un gendarme fait signe de tourner à gauche dans une voie de parking, pour revenir dans l'autre sens sans avoir à faire de manœuvres de demi-tour. Et voici une place, à moins de dix mètres de la sortie, assez large pour s'y mettre, perpendiculairement à la route ! Il est 3 h 20, il aura donc fallu une heure trente pour venir de St-Pierre, pour environ 80 km, sans avoir à s'arrêter.


Tronc

<<<     Un gros tronc qui irait bien dans une cheminée ! La végétation paie un lourd tribu au volcan, mais elle reprendra vite ses droits. Heureusement, la végétation est gorgée d'eau et les incendies ne se propagent pas

La piste de l'ancienne décharge
Il y a déjà beaucoup d'allées et venues à cette heure matinale. Certains arrivent, mais d'autres repartent. Sous la lueur des lampes, chacun prépare ses affaires. L'un rouspète, il ne retrouve pas une chaussette
. Un autre se désespère, sa lampe a des faux contacts. On remarque tous de suite les habitués : lampe frontale, sac à dos gonflé, combinaison intégrale de couleur vive (cela fait mieux sur les photos). Après avoir dépassé la tente des pompiers, à droite - illuminée - , c'est l'arrivée aux barrières qui interdisent le passage sur la route nationale. Les gendarmes présents indiquent le départ du sentier, à gauche. C'est une véritable allée sur une bonne centaine de mètres, en effet, c'est la piste qui mène à l'ancienne décharge de Sainte-Rose, réhabilitée, qui est devenue une vaste prairie au milieu des filaos, où l'on devine les buses servant à l'évacuation des gaz de décomposition des ordures enterrées ... Après avoir longé cette zone herbeuse, la piste continue vers la mer, longeant parfois à quelques mètres la coulée, qui a eu la bonne idée de passer justement par là ! Des pancartes, placées régulièrement, sur des troncs, à bonne hauteur, rappellent les dangers de s'enfoncer dans le sous-bois. L'ONF a d'ailleurs réalisé des points de vue sur les coulées, placés perpendiculairement au sentier principal. Dans le noir, les marques rougeoyantes de la coulée, toute proche, à droite, traversent la forêt de goyaviers, de fougères et de filaos. On entend les crépitements du bois qui s'enflamme, des grondements plus sourds. Peu de promeneurs, je ne vais croiser que trois personnes qui remontent vers la route. En moins de quinze minutes, c'est le bord de mer !


Filaos résistant à la coulée

<<<    Un très jeune filaos encore bien vert reste dressé, il a eu la chance de ne pas être sur le trajet de la lave, mais survivra-t-il au "coup de chaud" ?

Le quai Neuf
Et maintenant, le bruit de la mer domine ! Le sentier fait place à un sol plus varié, une partie en herbe, sous les gros filaos, certains ont près de vingt centimètres de diamètre. Puis, on s'approche de la falaise du quai Neuf, c'est une marche chaotique dans les pierres basaltiques, de toutes dimensions, dans des gratons... D'abord, au bout de la rangée de filaos, à droite, des coulées rougeoyantes (elles ne le seront plus le lendemain) se déversent du haut de la falaise, en face, cachées par intermittence par les fumerolles blanchâtres qui s'élèvent du front de la coulée, encore proche du rempart. En premier plan, des silhouettes, alignées sur le quai Neuf, tournées vers le sud, comme fascinées ... Des éclairs de flashs fusent. Parfois, une saute de vent poussent les fumerolles vers le quai, chacun se détourne, on entend des quintes de toux, les plus prévoyants placent leur mouchoir sur le nez... Je prends ma place dans la file de spectateurs "fanés" tout du long de la falaise. Dans la nuit, seules sont visibles les laves du front de la coulée, qui se battent contre les vagues pour avancer. Chaque vague qui vient se briser arrache des scories qui vont flotter un instant, encore écarlates, emportées par le reflux, avant de sombrer dans les profondeurs. Par derrière, on devine un bouillonnement, sous la croûte noire, d'où sortent par endroits des lignes sinueuses d'un rouge sombre.

On commence à distinguer à gauche la plate-forme créée en à peine 24 heures, dans combien de temps les promeneurs pourront-ils la fouler?        >>>


La plate-forme, de nuit

L'embouchure de la ravine
Au delà du quai, le sentier continue, balisé avec des rubans de chantier enroulés sur des troncs. A travers les filaos et les goyaviers, il amène à l'embouchure d'une ravine (non dénommée sur la carte de l'IGN). Une partie de la coulée a emprunté
cette ravine et ses berges sont donc transformées en belvédère d'observation ... C'est bien l'aube, de gros tunnels apparaissent, dont parfois la voûte cède naturellement, laissant échapper un flot pâteux qui va s'étaler un peu plus loin. 


Bord de mer

<<<  Les professionnels du cinéma et de la photo sont présents jour et nuit, transportant leur matériel le plus souvent à dos d'homme pour atteindre les sites offrant les points de vues les plus spectaculaires.
A gauche, les panaches blancs de vapeurs parfois soufrées et chlorées ...

Le jour se lève
Avec la levée du jour, le public arrive plus nombreux,
mais change : les passionnés, au chevet de la coulée depuis près de 24 heures, s'en vont, à regret, et des enfants, des personnes âgées arrivent progressivement... Tous découvrent maintenant la plate-forme qui se forme à l'arrière du front de scories, que l'on entrevoit à travers les fumerolles, heureusement poussées vers le sud-ouest, épargnant les yeux et les poumons... 
Je vais quitter le site à regret, la route sera plus longue au retour, près de deux heures et demi, avec une circulation intense ...

Dans la forêt, un peu en amont de la falaise, encore quelques coulées rougeoyantes, au milieu de laves cordées déjà figées ... mais attention, la lave circule encore en-dessous en tunnels, dont la croûte est encore fragile !    >>>

photos a. m. -  jeudi 26 août 2004


Dans la forêt

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