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L'éruption du 4 octobre 2005 : montée au cratère Dolomieu

Le dossier de l'éruption du 4 octobre 2005 

Cratère Dolomieu
L'intérieur du cratère Dolomieu, à 2 500 m d'altitude

Voir l'éruption du 30 août 2006, à l'intérieur du cratère Dolomieu

Ce parcours est décrit, parmi  les "21 itinéraires du sommet du volcan à l'océan", dans le remarquable livre-guide de Jean-Luc Allègre, photographe-éditeur, "Le guide du piton de la Fournaise", Découverte et Randonnées. 
Cet ouvrage, paru récemment, comporte de nombreux conseils pratiques, des cartes et des photos. 
Un livre de référence sur le volcan à commander chez JL.ALLEGRE@wanadoo.fr ou par  tél-fax  au 02 62 33 30 08.

Cône éruptif dans le cratère Dolomieu
Le cône éruptif dans le cratère Dolomieu, le lundi 10 octobre 2005 au matin  (photo recadrée)

Revoir le tour des cratères, le 24 décembre 2004  et  le père Noël au volcan  

 Lundi 10 octobre 2005 - 4h30 St-Pierre - De grosses averses cette nuit m'ont fait craindre le pire, mais le ciel est étoilé. Vers les Hauts, cependant, tout est gris, mais la météo a prédit une amélioration ...
A la Croisée de 400, le pied de chandelle est illuminé de par-dessous, et n'étant pas habitué de sortie noctambule, je m'émerveille encore. Peu de monde jusqu'à la Plaine des Cafres, mais déjà le temps semble se gâter, ce qui se confirme dans les premiers kilomètres de la route forestière et les lacets de la forêt de cryptomerias, nous sommes dans les nuages ... mais petit à petit, l'espoir revient, comme d'habitude, au niveau du cratère Commerson, du piton Lacroix, où avec les premières clartés de l'aube, nous trouons la couche nuageuse pour retrouver les dernières étoiles qui s'éteignent. Au Pas des Sables, le rideau est ouvert, et entre le Demi-Piton et le Chisny, le Piton de la Fournaise apparaît, dégagé !
5h50 - Sur le parking, à peine une dizaine d'autos sont garées, ainsi qu'un camion bâché de la gendarmerie. 
Un groupe de jeunes touristes, de langue anglaise, fournit la seule animation, bruyante, du secteur. L'une d'entre elles, en short, ayant manifestement froid aux jambes, cherche désespérément à les protéger avec les manches d'un tricot.

Paré, sac au dos, je me dirige vers le belvédère, deux marcheurs âgés me précèdent. Je vais en rencontrer plusieurs, de bon matin. Après dimanche, la journée des familles, voici lundi, la journée des retraités ... A droite, près du kiosque, sont rassemblés plusieurs gendarmes.

La descente du Pas de Bellecombe

<<< 6h10 - La grille du Pas de Bellecombe est vite atteinte : elle est grande ouverte, et nul portier à l'horizon. Je ne m'attarde pas à contempler l'Enclos, curieusement illuminé, avec des ombres rasantes ...

 >>>  Voici la descente du Pas de Bellecombe, son baro, dégagé de sa chaîne et de ses deux gros cadenas. Le soleil est pourtant levé depuis une bonne demi-heure, mais il ne fait pas chaud, le pantalon, le pull en polaire ne sont pas de refus, surtout dans l'ombraz de la descente vers l'Enclos Fouqué ...

Le portail est ouvert !
Le piton de la Fournaise

<<<   Au loin, la chapelle de Rosemont apparaît comme le premier point à atteindre. L'ombre portée du Formica Léo, né en 1753, d'après la pancarte incrustée dans une dalle de lave, apparaît gigantesque ...

  >>>  6h27 - C'est commode, avec le numérique, plus besoin de noter les temps ! J'arrive à la hauteur de deux personnes qui s'attardent pour faire des photos du Formica Léo, que personne ne songe à gravir ce matin ... Le piton de la Fournaise lui-même est dans l'ombre.
Une première pause à la Chapelle de Rosemont pour boire, je ne fais pas la course, mes bidons sont dans le sac à dos ...

Marche dans l'Enclos
Bifurcation de la chapelle de Rosemont

<<<  6h47 - A la bifurcation, deux gendarmes sont déjà à pied d'œuvre, direction obligatoire à gauche, vers la Soufrière, car le sentier direct vers le cratère Bory est fermé par des guirlandes de ruban de chantier. Et on le verra, l'ONF n'a pas lésiné sur les rubans, il y en a bien plusieurs centaines de mètres qui vont flotter au vent, et j'ose espérer qu'on les récupèrera une fois l'éruption terminée ... Dans la forêt de Ste-Rose/ St-Philippe, il en reste, des séquelles du balisage vers les coulées se jetant à la mer et le long de la falaise !

  >>>  Et c'est la lente ascension vers la Soufrière, trou à l'origine de quelques mètres de large et qui, depuis les années 60, ne fait que s'agrandir à chaque effondrement, en témoignent les différentes clôtures aux fils métalliques hideux.
La coulée de gratons (1953) est effleurée, la pente s'accentue, en progressant vers l'Est, et déjà les nuages cachent les Grandes Pentes ... Plus bas, le Puy Mi-côte, le piton Célimène, le Kapor, vestiges de précédentes éruptions, veillent ... Le Piton de Partage, et sa cabane, apparaissent, puis le Nez Coupé de Ste-Rose, dont le nez émerge de la mer de nuages ...

Le Kapor
Sentier fermé vers le cratère Bory

<<<  7h24 - La bifurcation avec le sentier vers le cratère Bory annonce la proximité de la Soufrière ...  Impossible de faire le tour des cratères, c'est interdit. Je vais longer maintenant un ruban de chantier soigneusement coincé sous des roches volcaniques, tout du long de la Soufrière, et dissuadant d'accéder directement au bord du cratère ... C'est d'ailleurs plus prudent, quand on voit les coulées d'éboulis, les surplombs ...

Attention, suivez bien les marques de peinture blanche ... et non pas les mouchoirs en papier, qui, lorsqu'ils ont été mouillés depuis quelque temps, bien agglomérés, peuvent y ressembler furieusement, en collant à la lave ! 

>>> Une pause, pour boire et, en se retournant, admirer les caldeiras encastrées, toutes témoins de gigantesques effondrements à la suite d'éruptions ayant entraîné la vidange de poches magmatiques  : la première, celle de l'Enclos Fouqué, datant de cinq mille ans, puis une seconde, celle des Sables, de 65 mille ans, qui cache ensuite celle des Remparts, formée il y a environ deux cent mille ans ...  Au fond, le Piton des Neiges (3070 m) et à gauche, le Grand Bénare (2 898 m).

Les deux caldeira et le piton des Neiges
Premier point de vue sur l'éruption

<<< 7h33 - La Soufrière (2 517 m) vient d'être dépassée, et voici le premier point de vue sur l'intérieur du cratère Dolomieu. Deux gendarmes sont présents , et pour le moment, nous ne sommes qu'une petite dizaine de randonneurs ... le plus souvent âgés.
L'accueil est bon enfant, une gendarme donne même des explications - elle se révèlera plus tard être la chef du groupe - et je la retrouverai au retour vers 13h30, au Pas de Bellecombe, infatigable, repartant vers le sommet ... Elle en aura parcouru, des kilomètres, dans la journée !

Bien sûr, nous ne sommes pas tout près, et les projections ne dépassent que de quelques mètres le haut du cône, mais avec le son, c'est toujours impressionnant, même si on a pu déjà, dans le passé, s'approcher à quelques mètres de la lave en fusion ...

>>>  Des grondements, des claquements se répercutent et s'amplifient, comme dans un véritable amphithéâtre ... 
A droite, le piton Kaf semble veiller sur son petit frère ... à moins que cela ne soit sur sa Kafrin'. 
Et au fond du cratère, ne vous y fiez pas, le front de lave avance sournoisement, la surface noircie, apparemment refroidie, laisse parfois entrevoir des filets rougeoyants, des dégazages se produisent, laissant deviner un magma incandescent, qui, progressivement, va tapisser tout l'intérieur du cratère ...
7h39 - départ pour le second point de vue, plus au Sud.

L'intérieur du Dolomieu

Suite :   Vers le second point de vue, au sud du Dolomieu ... 

photos a. m.
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