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Le Trou de Sable

Venant du front principal de la coulée qui a pris naissance le 26 décembre 2005 dans le rempart au-dessous du Nez Coupé de Ste-Rose, nous nous dirigeons maintenant au nord, vers le rempart de Bois-Blanc, pour aller au Trou de Sable. Le 25 février dernier, une fissure s'était ouverte à flanc de rempart à l'ouest du Trou de Sable. La coulée avait d'abord emprunté le lit d'une ravine pour ensuite largement s'étendre dans la totalité du Trou de de Sable. Une autre fissure s'ouvrait au nord et les coulées débordaient et dévalaient rapidement le long du bord du rempart de Bois Blanc jusqu'à la mer, obligeant les militaires à un démontage rapide dans la nuit de la vierge au parasol ...

Vue du Trou de Sable, vers la mer
Coulée de février 2005, sortant du Trou de Sable, contre le bord du rempart de Bois Blanc

Progression dans les fourrés

<<<    Du front de la coulée actuelle, nous marchons vers le nord et le rempart de Bois Blanc, traversant plusieurs zones de gratons. Nous coupons ensuite sur des coulées plus anciennes, recouvertes d'une végétation plus dense, dans laquelle nous rencontrons des bois de chapelet, des fougères, des pailles-sabres, des petits bois de rempart aux clochettes rouges, toxiques.

 >>> Nous arrivons bientôt au croisement de la coulée de 2002, déjà recouverte de lichens grisâtres, avec celle de février 2005, où déjà des fougères de quelques centimètres font leur apparition (au fond, le rempart nord de l'Enclos, rempart de Bois Blanc)

Carrefour de oculées
Gratons envahis par les lichens

<<<  C'est un ruban argenté qui dévale vers la mer (coulée 2002), partiellement recouvert par une avenue de gratons plus frais. A la jonction, nous remontons alors cette coulée de gratons frais - lave aa-  qui longe le bord du rempart.

  >>> Les gratons laissent place parfois à d'étonnantes draperies de laves, pahoehoe, plissées par la magie des variations de températures du magma et de sa charge en gaz, dont la surface en contact avec l'air, se fige, alors que la coulée encore chaude progresse à l'intérieur ...

Plissements de lave
Et la vague se figea ...

<<<  Un peu plus haut, une vague argentée s'est immobilisée lors de son déferlement ... 

  >>> Nous continuons notre progression le long d'une faille, avec des surplombs, dont nous avons bien garde de nous approcher.

Faille
Arbres noircis

<<<   Un tapis de lave lisse a entouré des filaos, qui sont restés debout, mais calcinés. Bien souvent, il ne reste plus que l'empreinte du tronc, un trou cylindrique, alors que l'arbre noirci gît encore à côté.

>>> Nous sommes au bord du rempart de Bois Blanc, dont les pierres plus claires et la végétation contrastent avec le torrent noir à ses pieds.

La coulée glissa le long du bord du rempart
La lave s'égoutta ...

<<< Plus qu'une centaine de mètres de remontée de la coulée : Le Trou de Sable est bien là, à droite, alors que l'on devine déjà l'encoche du Trou Caron, deux cents mètres plus haut ... Nous admirons une coulée lisse qui a recouvert en partie une précédente, en gratons
Nous apercevons le bras de coulée descendant le cassé vers le Trou Caron, uniquement signalé par un timide panache de fumée. Ici aussi, le front de coulée n'avance pratiquement plus.

>>>  Nous entrons dans le Trou de Sable, à 450 mètre d'altitude ... La végétation y a entièrement disparu et nous découvrons une vaste étendue de dalles largement fissurées, parfois surmontées d'un tumulus. Les fissures sont surlignées d'un mouchetis jaune doré, témoin d'émanations soufrées. Contraste saisissant, marcher sur une étendue quasiment plane de lave lisse après une montée sur des blocs roulant les uns sur les autres !

Dalles de lave
Piste d'envol ?

<<< Le Trou de Sable est devenu un vaste plateau, presque une piste de décollage ...  Nous avons une pensée pour Bory de Saint-Vincent, qui y passa il y a un peu plus de deux cents ans,  et nous nous installons au fond de ce mini-cirque, à proximité des arbres, pour une pause casse-croûte bien méritée ... Allongés, nous observons la paroi du rempart, à pic, en demi-lune, d'où émergent des couronnes de palmistes, de fanjans ... C'est un concert de chants d'oiseaux qui se répondent d'un bord à l'autre. Un jeune papangue s'essaie au vol plané entre les arbres. Moment de béatitude, loin des explosions des pétards et des radiocassettes criards ...

  >>> Réconfortés, nous nous enfonçons dans l'ancien lit de ravine, vers l'ouest, comblé par la coulée émise d'un peu plus haut. Des bégonias sont en fleurs ...

Bégonia sauvage
Vigne marronne, même ici !

<<<  La vigne marronne, peste végétale, prolifère même ici.

>>> Un arbre s'est couché en travers de la rivière, mais il n'a pas sombré dans la vague de magma. Il est pourtant déraciné, entièrement couché sur la lave, mais il vit encore, des feuilles bien vigoureuses repoussant sur une branche ...
Nous apercevons plus au nord la deuxième coulée qui a, elle aussi, emprunté un lit de ravine, pour se déverser au centre du Trou de Sable.

Un arbre revit ...
Chute de pierres ...

<<< Nous redescendons en suivant le bord du rempart, dans un chenal par où les flots de matières ont dévalé jusqu'à la mer. De gros blocs sont tombés des hauteurs, les séismes ayant fragilisé la paroi et la chaleur intense ayant déstabilisé la végétation en calcinant les arbustes  qui piégeaient les pierres dans leurs racines ... mais moins d'une année plus tard, les traces de l'incendie sont déjà disparues, et la falaise a retrouvé sa verdeur.

>>> Voici le dernier virage, bien relevé, s'il vous plait, avant le toboggan vers la route nationale. Des éclaboussures de lave sont restées incrustées dans le bas du rempart, retenant la terre ... Nous entamons la descente pour rejoindre la route nationale.

Prise de courbe

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photos a. m.
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