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Le dossier :  les éruptions du piton de la Fournaise  

Nez Coupé de Ste-Rose, balcon au-dessus de l'éruption

Ces photos ont failli rester à jamais perdues quelque part dans les fougères des abords du sentier du Nez Coupé de Ste-Rose. Prises vendredi matin 6 janvier 2006, elles sont restées sur la carte mémoire, avec l'appareil et son étui à près de 2000 m d'altitude, jusqu'au samedi matin, malgré d'intenses recherches sur le parcours le jour même.  Revenus sur les lieux dès la première heure le lendemain, le coup de main de François écartant une touffe de fougères a été décisif ... Moralité, il faut vérifier régulièrement la solidité de l'attache de son étui, ou avoir du matériel solide !
Malheureusement, ce samedi matin, le spectacle n'était plus au rendez-vous, d'abord les nuages, puis une petite pluie régulière nous ont accompagnés, heureusement après notre découverte.

Pentes nord-est du piton de la Fournaise

<<<  Ce vendredi 6 janvier 2006, les nuages sont menaçants dès le matin, et le soleil a beaucoup de difficulté à trouver une brèche, soulignant les pentes nord-est du piton central de la Fournaise
Il  fait 11 ° au thermomètre (c'est l'été), j'ai dépassé le Pas de Bellecombe, désert, et je me dirige vers le Piton de Partage ou Piton Sale (2 361 m), la première étape, à un peu moins d'une demi-heure. Le sentier, largement enrubanné côté Enclos de rouge et blanc, rattrape très vite la piste 4X4 alternant de larges passages en cendres rouges (de Bellecombe) et des zones de scories nettement moins roulantes ...

 >>> Après une petite halte en haut du piton de Partage, d'où j'aperçois des bancs de nuages qui filent vers l'est, je retrouve le sentier qui se faufile le long du rempart, parfois avec des marches, soulignées par un bois de brande, ou des passages plats entourés d'une herbe bien verte, recouverte parfois des feuilles sèches effilées caractéristiques du petit tamarin des Hauts. Les branles verts, bois de fleurs jaunes, bois de Mapou, mahot ... m'accompagnent. Dans les branles verts, des oiseaux sifflent, z'oiseaux verts, tek-tek ? Au sol, les grenouilles ne sont pas rares mais se cachent sous les fougères à mon approche.
Au fond, dans l'axe du sentier, la silhouette du Nez Coupé émerge de la brume. 

Le sentier et le Nez Coupé, au loin, dans les nuages
Le ruban balise flotte au vent

<<<    L'Enclos Fouqué, à droite, un précipite de plus de cent mètres, créé il y a 5 000 ans par un effondrement gigantesque de la chambre magmatique. Le vent y pousse les nuages qui s'y engouffrent,  venant de l'est ... Le ruban balise, déchiré, est emporté presque verticalement par ce souffle.
Le bruit de ce souffle puissant me fait penser à celui du flux et reflux de la marée ...
J'arrive à la zone des calumets, qui me rappellent la montée à la Roche Ecrite ... Les cannes et ananas marron se multiplient, les bois de velours blancs également.

  >>> Puis soudain, le rideau est tiré. Les nuages se dissipent progressivement, la vision des coulées dans l'Enclos devient de plus en plus précise, le Nez Coupé, à gauche est bien là, puis le piton de Crac, témoin vestige d'une ancienne caldeira ...
J'aperçois désormais la Savane Cimetière et le Cassé de la rivière de l'Est, à ma gauche, mais la côte vers St-Benoit est cachée par les nuages.

Enclos, vers les Grandes Pentes
Laves de l'Enclos au soleil levant

<<<  Le Cassé des Grandes Pentes va surgir bientôt et le soleil rasant souligne les vagues des laves plissées, cordées, issues de l'éruption du piton Célimène, en février-mars 2000..

  >>> Un coup d'œil en arrière, vers le rempart jusqu'au piton de Partage, dont la tête est maintenant noyée dans les nuages. 

Un rayon de soleil sur le rempart vers le piton de Partage
Au Nez Coupé de Ste-Rose

<<<  Enfin, la dernière montée vers le sommet du Nez Coupé, après avoir laissé, à gauche, le sentier fermé vers le Cassé de la rivière de l'Est et de la Cage aux lions. Je suis parti du Pas de Bellecombe depuis un peu plus d'une heure et demie et j'ai la chance de pouvoir contempler le spectacle vers les Grandes Pentes ...

>>> Le panache de fumerolles s'élève, plaqué contre le rempart, le dégazage semble important. Les fontaines de laves, crachant en continu, ont disparu, et les projections n'atteignent que rarement les bords externes du cratère, laissant un chapelet incandescent visible pendant quelques secondes. Le cratère, égueulé vers de sud-est, déverse cependant sa cascade de magma sur plusieurs dizaines de mètres avant d'atteindre la zone moins déclive de la plaine des Osmondes.

Vue sur les coulées
Un cratère au flanc du rempart

<<< La cicatrice est placée sur le flanc du rempart, lui-même recouvert de cendres grises, et semblant singulièrement fragilisé ... Les traces d'érosion sont visibles, et les nombreuses ravines, tracées sur la carte de l'IGN, ont creusé des stries dans le rempart, où je distingue une végétation réduite à des bois morts, brûlés par les lapilli et les gaz ...

>>>  Le vacarme du grondement des explosions monte dans le silence environnant ...
Avant la remontée de la couche nuageuse qui arrive rapidement sur la plaine des Osmondes, un dernier regard vers ce rempart de Bois Blanc, zone de faiblesse connue. Le magma va t-il se contenter de se déverser du flanc du rempart, ou va-t-il se glisser dans les failles souterraines des hauts de la forêt de Ste-Rose pour sortir hors-enclos ?

Rempart instable ...
Cratère du 26 décembre 2005

<<<  Déjà presque deux semaines d'éruption ... et encore bien vaillant ! Comment sera-t-il dénommé ?

Lire également : Une soirée au Nez Coupé de Ste-Rose, quelques heures avant l'éruption !

Vers le front de la coulée, le 29 décembre 2005, à deux kilomètres de la route nationale.

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photos a. m.
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